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Bouazza, homme d’affaires ou pirate ?

PATRIMOINE Dar Bouazza veut dire littéralement "la maison de Bouazza". Mais qui est donc ce Bouazza ? Pourquoi avoir donné son nom à cette région ? Que faisait-il ? Comment a-t-il eu ses terres ? Made in Casablanca vous raconte tout !

La première version parle d’un Bouazza qui était un au service d’un homme du nom de Lahcen. Homme de confiance de ce dernier, Bouazza avait l’esprit vif et habile et c’est tout naturellement qu’il reprit ses affaires quand ce brave Lahcen n’est jamais revenu de son pèlerinage à la Mecque. A cette époque, de nombreux navires anglais accostaient dans la région et Bouazza en profitait pour leur vendre toutes sortes de produits (blé, laine, orge, etc.). Bouazza décide alors de se faire bâtir une véritable forteresse, une kasbah d’un hectare. Mais il veut aussi pouvoir garder un œil sur le reste de son territoire – plus de 1 200 hectares – et il choisit de construire sa demeure sur une colline. Et c’est ainsi que naquit « Dar Bouazza ».

La deuxième version serait que Bouazza était un pirate, qui avait construit sa kasbah en hauteur pour pouvoir scruter l’horizon et piller les bateaux. On dit qu’il allumait des feux tout au long de la côte pour attirer les navires et les piller ensuite. D’ailleurs la famille qui vécut  dans la kasbah après Bouazza, affirmait que les épaves jonchés les côtes alentours. La légende voudrait que Bouazza ait un tempérament d’homme sanguinaire, qui tuait de sang-froid, martyrisait ses femmes et ses employés. On parle même d’ossements humains retrouvés sur ses terres.

Ces deux versions sont plus proches de la légende puisque très peu d’informations subsistent de cette époque et que de nombreuses interrogations restent sans réponse. Par exemple, si Bouazza faisait commerce avec les navires étrangers, pourquoi n’avait-il aucun terrain agricole ? Que vendait-il aux bateaux ? Toujours est-il que ses héritiers, lassaient de cette région et de cette maison, décidérent de tout vendre au sultan alaouite Moulay Abdelaziz, fin 1890.

Texte Zara Kadiri

Photo DR