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Casablanca, l'indépendante, la résistante.

FETE NATIONALE Casablanca, ville économique, culturelle, chaotique... Mais aussi ville politique ! Made in Casablanca vous rappelle le rôle que la ville a joué dans l’Histoire de son pays. Le 11 janvier 1944, une soixantaine de marocains prennent le risque – fou à l’époque – de demander la signature du Manifeste de l’Indépendance du Maroc. Le Roi Mohammed V lui-même portera ce manifeste à qui de droit…

Les dates clés de la résistance

Janvier 1943, nous sommes en pleine Seconde Guerre Mondiale : Winston Churchill le Premier Ministre britannique, Roosevelt le Président des Etats-Unis et les généraux français De Gaulle et Giraud décident de se rencontrer pour décider de l’issu de la guerre. C’est la conférence d’Anfa. Seulement quelques jours après, notre futur roi Mohammed V dîne en aparté avec le Président des Etats-Unis, à Casablanca. Au cours de cette entrevue, ce dernier lui signifie clairement son soutien pour la lutte qui l’attend pour obtenir l’indépendance du royaume.
Juin 1945, la guerre est finie et De Gaulle décore Sa Majesté Mohammed V « Compagnon de la Libération ».
Mars 1946, un nouveau résident général est nommé au Maroc.
Avril 1947, dans la nouvelle médina de Casablanca, des tirailleurs sénégalais se placent sur les toits des maisons… Et tirent sur la foule, sans motif apparent. La police n’interviendra que plusieurs heures plus tard, non sans avoir laissé le temps aux tirailleurs d’abattre une centaine de civils.
Encore choqué par sa visite de la métropole, le roi Mohammed V prononcera le discours de Tanger où il réclame l’indépendance du royaume du Maroc et la récupération de l’intégralité de son territoire.

Les rues de la résistance

Après l’indépendance, de nombreuses rues  à connotation coloniale cèdent le pas à ceux des grands résistants. La résistance casablancaise fût vaillante et sanglante, et les principales artères que nous empruntons tous les jours portent le nom de ces hommes. Parmi les plus connus, Mohammed Zerktouni et Brahim Roudani.
Mohamed Zerktouni est sans conteste le résistant le plus célébre. En opposition aux forces coloniales, il fonde les premières cellules clandestines de résistance et se met à collaborer avec d’autres. Son activisme est très vite connu dans toute la ville : il met en place différentes opérations, organise des séances d’entrainement au maniement des armes, etc. En 1954, lorsque les autorités le capture, il préfère s’empoisonner avec du cyanure plutôt que de dénoncer ses camardes ou leurs plans.
Brahim Roudani fonde, dès 1952, l'Organisation secrète, pierre angulaire de la résistance casablancaise. Grâce à ses différents commerces (il possède une boucherie et une fabrique d'eau de javel) il met à disposition de l’Organisation armes et argent. Il en devint rapidement le parrain et une figure emblématique. Les forces coloniales l’arrêtèrent  et le torturèrent à de nombreuses reprises, sans que jamais Roudani ne parle ou ne céde. De ces allers-retours en prison, il en sorti affaibli, et mourut peu de temps avant l'indépendance…. A ses obsèques en 1956, des milliers de personnes vinrent le pleurer…   

Texte Zara Kadiri

Photo DR