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L'histoire de Jack Beach

PATRIMOINE Après Bouazza, c’est Gabriel Veyre qui hérite de la région de Dar Bouazza. Là il n’est plus question de pillage ou de marchandage, mais plutôt d’expériences scientifiques et de réceptions mondaines. Puis c’est au tour des Jacquier d’hériter de cette terre.

Veyre ne quitta jamais le Maroc et mourut en 1936. Il eut une fille de son mariage, Berthe, qui épousa un français du nom de Maurice Jacquier et eu sept enfants avec lui. A la mort de son père, c’est la famille Jacquier qui hérita des biens de Veyre ainsi que de la propriété de Dar Bouazza. Pas de plantes médicinales ou d’animaux exotiques pour les Jacquier, eux sont plutôt intéressés par l’agriculture. Ils se mettent par exemple à produire des tomates pour l’importation. Comme ils avaient besoin de main d’œuvre, ce sont plus de 85 familles qui s’installèrent dans la région pour travailler sur leurs champs. Les premières maisons de Dar Bouazza datent de cette époque là. Après l’agriculture, les Jacquier s’intéressent aux carrières de la région. C’est avec les pierres de ces carrières que les trottoirs de Casablanca et l’aéroport d’Anfa ont été construits. Toujours soucieux de développer la région, la famille Jacquier ouvre le premier dispensaire, le premier souk et la première école.

Après Maurice et Berthe, c’est au tour de leurs enfants, Jacques et Thérèse. Fini les champs et les carrières, place au tourisme balnéaire ! Jacques crée le premier centre balnéaire de la région dans les années 40, le fameux « Jacques Beach ». Et pas n’importe quel centre puisqu’on y trouvait, en plus de la plage, des piscines, des bungalows, un centre sport, des jeux, des boutiques, des restaurants, etc. Tout cela a suscité beaucoup d’intérêt à l’époque et toutes les semaines, ce ne sont pas moins de 2 000 belges, français, suisses et marocains qui jouissaient de l’installation du fils Jacquier. Les autres membres de la famille ouvrirent le premier hôtel de la région, l’hôtel La Baie, et l’équipèrent du premier téléphone.

A l’indépendance, les Jacquier prennent conscience de leur statut de colons et décident de morceler leurs terres et de les vendre à leurs employés. Après un incendie criminel dans les années 50, la famille Jacquier décident de quitter le Maroc. Maurice et Berthe mourront un an à peine après leur départ du Maroc, trop peinés d’avoir été déraciné de leur terre natale…

Texte Zara Kadiri

Photo DR