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Un joli cas libre

Par: Marina BRISSET  

ARTISTE Un joli "cas libre" ou "un joli calibre" à vous de voir ! Caroline connue aussi sous le nom de « Cali » est une jeune artiste française de 29 ans qui a décidé depuis deux ans de poursuivre ses projets professionnels ici au Maroc. Elle exerce ses travaux avec deux outils majeurs : un stylo bille et du journal et exposera sa prochaine collection, " Bic me ... I'm more famous!", jeudi 22 janvier à la Galerie 38 de Casablanca. Interview en 10 questions de cette jeune artiste au talent « pop », moderne et branché.

1. Présentez vous pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore.
Je m’appelle Caroline, je suis d’origine Nantaise (France). Lors de mes études, j’ai suivi une formation de graphiste. Le dessin a toujours été une passion depuis que je suis petite. Par la suite, je me suis installée longtemps dans le sud de la France, à St Tropez, de 2008 jusqu’à maintenant. Là bas, j’exposais mes œuvres  dans différents lieux du village.  Depuis mes études d’art appliqué je suis dans le milieu artistique, cependant c’est devenu officiel depuis que j’expose en galerie, c’est à dire depuis deux ans.

Le fait que je me retrouve au Maroc maintenant est un peu arrivé par hasard. C’était au Jour de l’An, il y a deux ans, à Marrakech. J’étais accompagnée d’un ami artiste qui m’a présentée à Simo Chaoui, mon galeriste. Je n’ai pas hésité à saisir cette opportunité qui m’était offerte.

2. Où trouvez vous vos inspirations ?
C’est un véritable « melting pot » d’informations, un mélange de tout ce qui m’entoure, à savoir : la lecture, ce que j’écoute, les images  que je vois tous les jours. Cette vie quotidienne, mon expérience personnelle et la société sont mes modèles d’inspiration.  
Depuis que je suis arrivée au Maroc, le contexte présent m’a beaucoup plu, j’en apprends tous les jours comme c’est une culture différente de la mienne.

3. Quels sont vos artistes préférés ?
J ‘ai une affection particulière pour tout ce qui est lié à la « contre –culture », les esprits rebels. Ces icones me fascinent à travers leurs engagements, qui sont similaires aux miens face à la société.
Ils proposent aussi de la voir sous un angle décalé, et différent, comme ceux qui ont fait partis de la fameuse « factory » d'Andy Warhol.

4. Avez-vous une autre passion ?
Je suis une véritable cinéphile, j'aime beaucoup le design et la mode, je suis aussi une littéraire donc je lis beaucoup. En fait, toute forme de culture m'enrichie au quotidien. Tout est bon à prendre ! Cela me nourrit, et nourrit mon travail.

5. Quelles sont vos méthodes de création ?
J’utilise du matériel très simple : le stylo bille et le journal. Ce sont des outils populaires,  disponibles et en plus écolos (rires) ! Ces outils sont des symboles d’expression et je m’en sers pour communiquer des émotions  et ma vision du monde. Je veux montrer qu’avec pas grand chose nous pouvons faire  beaucoup !
Le Stylo sur le journal donne un effet brut et graphique, ce qui me correspond plutôt bien. Mon travail de graphiste m'aide aussi beaucoup dans mes créations pour les compositions et les typographies. Cela permet de rendre les images assez fortes visuellement

6. Pourquoi avez vous décidé d’exposer à la Galerie 38 ?
Après le très bon déroulement de mon exposition à Marrakech, deux des fondateurs de la « galerie BCK », m'ont proposé cette nouvelle étape et aventure dans leur galerie à Casablanca, « La galerie 38 ».
Ca a été un vrai challenge pour moi. Tout a été très vite, après l'exposition pour la « BCK »,  je commençais à préparer la suivante ! Je me suis installée a Casablanca en septembre dernier.

7. Avez vous une préférence entre Marrakech ou Casablanca ?
Non, je n’ai pas de préférences entre ces deux villes. Je  me dois d’être une sorte caméléon… « Ici tout est compliqué et facile à la fois, c’est le pays de la débrouille (…) la qualité de vie est extra, le rythme est très différent de ce que je connaissais avant » - Catalogue Cali 2013.
J’ai beaucoup aimé Marrakech avec son climat et sa qualité de vie très particulière ; à Casablanca, la vie est plus citadine, moins traditionnelle mais j’ai fait des rencontres très cosmopolites en très peu de temps.

8. Parlez nous de cette future exposition
Ma future exposition aura lieu ce jeudi 22 janvier 2015 à la Galerie 38. Elle se nomme « Bic me ... I’m more famous ! » c’est la continuité de ma première qui avait eu lieu à Marrakech qui s ‘appelait « Bic me ... I’m famous ! » . Cette suite représente mon évolution au Maroc et s’accompagne de ma vision des choses. Je poursuis mes travaux en jouant avec la représentation de ces icônes, leurs images, leurs citations, leurs styles, leurs époques, leurs mondes inaccessibles que je tourne en dérision.
Les pièces auxquelles j'attache le plus d'importance sont évidemment les deux plus grandes, "les master-pieces" comme on les appelle, car elles m'ont demandé énormément de temps, de traits de bic et de nuits blanches ! Par exemple, le "Cold Game" qui fait 3 mètres de longueur sur 2 de hauteur est une reprise et détournement de la création de l’artiste Michel Ange, où je tourne en dérision la guerre des missiles de Cuba.

9. Comment vous imaginez-vous dans 5 ans ?
J'ai du mal à me projeter si loin, car je travaille avec l'actualité .Mon métier m’oblige à me tenir informée et être intéressée  à tout ce qui se passe. De ce fait, comme je suis porteuse de messages à travers la société, je pense que ma technique et le reste auront bien évolué d’ici 5 ans.
Je me vois bien dans un autre pays, pourquoi pas, tout en gardant un atelier dans cette terre d’accueil qu’est le Maroc.

10. Un dernier mot pour la fin ?
Un petit clin d'oeil à ma génération, je pense que tout est possible à ceux qui osent, rêvent, travaillent et vont  jusqu'au bout de leurs ambitions.

 

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Photo : DR - "Cold Game"